J'aime l'Asie
J'ai une grande passion pour la Chine
J'ai un grand coup de coeur pour le Maroc
j'aime les portes

je collectionne les cartes postales

les sables de partout
ceux que je rapporte
ceux que vous m'envoyez . .

j'aime les fleurs
les oiseaux

je n'aime pas l'hiver
je n'aime pas l'auvergne

j'aime Hugues Auffray

Polnareff

Leny Escudero

J'aime les livres

j'aime les Korrigans, les elfes, les trolls .

et puis j'aime tous mes amis
c'est tellement précieux un ami. . .

c'est du Palais d'été de Pékin, que proviennent
les bronzes de Monsieur Bergé
je ne dis pas que M. Bergé ne les a pas acquis légalement , non pas du
tout.
c'est tout de même extraordinaire de constater que des merveilles de Chine, se trouvent dans nos musées de France, résultat de
pillages tout simplement.
quand on visite les musées en Chine, on voit les copies avec une petite note
" l'original se trouve en France, à St Pétersbourg . . .ou ailleurs "
Lors de notre dernier voyage en Chine, notre guide Chinois nous a lu ,
dans un parfait français,
cette lettre que Victor Hugo avait écrite après le pillage du Palais d’été à
Pékin
Je ne connaissais pas ce texte avant . . .
mais à la lecture de cette lettre, je me sentie mal à l'aise
comme si j'avais été coupable . . .
L'empereur Xianfeng est en fuite.
Il a abandonné Pékin aux troupes anglo-françaises qui, le 6 octobre 1860,
envahissent sa résidence d'été, d'une beauté exceptionnelle, la saccagent, la dévastent.
Ce pillage, qui marquera la seconde guerre de l'opium,
indigne certains témoins occidentaux. Victor Hugo, lui, ne connaît cette « merveille du monde »
qu'à travers le récit des voyageurs, mais, d'emblée,
il prend le parti des civilisés, les Chinois, contre les barbares.
Hauteville House, 25 novembre 1861
Vous me demandez mon avis,
monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous,
l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur
Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et
française.
Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :
ll y avait, dans un coin du monde,
une merveille du monde ; cette merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée qui produit l'art européen, et la Chimère qui produit l'art oriental.
Le Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal.
Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extra-humain était là.
Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.
Imaginez on ne sait quelle
construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été.
Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là
citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille
et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine
ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument.
Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples.
Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en
Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d'été en Orient.
Si on ne le voyait pas, on le rêvait.
C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.
Cette merveille a disparu.
Un jour, deux bandits sont entrés
dans le Palais d'été. L'un a pillé, l'autre a incendié.
La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît.
Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs.
On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon.
Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser.
Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l'orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait un entassement
d'orfèvreries.
Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant.
Telle est l'histoire des deux bandits.
Nous, Européens, nous sommes les
civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares.
Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.
Devant l'histoire, l'un des deux
bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre.
Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ;
les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.
L'empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd'hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d'été.
J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.
En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.
Telle est, monsieur, la quantité
d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.
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